Motion Fab
L’intérêt de Smart ? Travailler en toute indépendance en faisant partie d’un collectif

Fabrice Etifier est motion designer. Comme il fait danser les mots et les images, on pourrait dire de lui que c’est un « choré-graphiste ». Un métier qui demande un solide savoir-faire technique, beaucoup d’imagination, mais aussi de bonnes qualités relationnelles.


 

Fabrice Etifier
44 ans
Chez Smart depuis 2015


Interview

Comme en êtes-vous arrivé à exercer ce métier ?

Mon parcours est éclectique : initialement formé aux arts plastiques à l’Institut régional des Arts Visuels de Martinique, ma passion du cinéma m’a amené à animer Ciné Woulé, une association d’éducation au cinéma et à l’image animée. Après un détour par la mise en scène de spectacles vivants et de courts métrages, j’ai été amené à travailler pour Dubbing Brothers, une entreprise connue essentiellement pour les doublages de films. A l’époque, ils avaient un département DVD /Blu-Ray et où j’étais chargé de créer les interfaces graphiques des menus animés qui illustrent l’univers du film. Deux ans plus tard, je me suis lancé en free-lance mais le cadre de la production DVD/Blu-Ray est peu à peu devenu trop étroit. Le motion design commençait à exploser. Cette technique d’expression graphique et vidéo m’attirait beaucoup et mariait parfaitement mon appétence pour la vidéo, le cinéma, le montage, le rythme, la musique, le son… et le graphisme.

Le motion graphic design, pour employer son nom complet, demande une approche différente de celle du graphisme « fixe ». Lors des formations que je donne depuis trois ans à l’Ecole des Métiers de l’Information (EMI), je dis souvent à mes stagiaires qu’ils doivent concevoir conjointement la direction artistique (style graphique, couleur, forme, 2D ou 3D…) et le mouvement. Comment ces éléments vont-ils bouger, apparaître et disparaître ? Et surtout pourquoi vont-ils le faire de cette façon ? Il faut penser le tout en même temps pour mettre l’animation au service du propos.

Comment vous êtes-vous constitué une clientèle ?

J’ai commencé à démarcher des agences de motion design, encore peu nombreuses à l’époque. Ces agences de communication faisaient appel à des indépendants pour réaliser des animations graphiques. La recherche de clients était un peu compliquée au début : on me demandait de montrer mes productions en motion design, alors que je n’avais réalisé que des interfaces DVD/Blu-Ray. Afin de me constituer une bande démo motion design, j’ai produit des projets « fictifs ». J’imaginais une demande client et je réalisais une vidéo au service de sa communication. Grâce à ces travaux personnels, j’ai commencé à décrocher mes premiers contrats.

L’essentiel de mes clients sont des « intermédiaires » –agences de communication ou de motion design – mais j’ai aussi des clients en direct. Certains ont déjà une idée de ce qu’ils attendent. Ils ont des vidéos de référence ou une proposition de direction artistique. D’autres ignorent la richesse des possibilités offertes par le motion design. Mon rôle est de leur proposer des pistes qui mettront en valeur leur message. Une part importante du travail de motion designer consiste donc à appréhender rapidement le besoin du client, et à l’accompagner tout au long du processus de production. Le motion design requiert donc des qualités techniques, créatives mais également d’écoute, afin que le dialogue avec le client ou les collaborateurs soit fécond.

"Construire un réseau de collaborateurs au sein de Smart."

Qu’est-ce qui vous a conduit à travailler avec Smart ?

Je facturais comme indépendant à la Maison des Artistes mais je m’intéressais au mouvement coopératif depuis un certain temps. Je suis d’abord allé à Coopaname, une coopérative d’activité et d’emploi, et ce sont eux qui m’ont orienté vers Smart. Je suis d’ailleurs « entré » dans les deux coopératives simultanément en 2015 avant de me consacrer uniquement à Smart.

Le quotidien de l’indépendant peut être fastidieux sur le plan administratif et comptable. De plus, il peut conduire à un certain isolement. Chez Smart, nous restons indépendants tout en faisant partie d’un collectif. Et l’essentiel de l’administratif (factures, devis…) est grandement facilité par l’outil Smart et l’accompagnement personnalisé. Cela libère du temps pour la création !

Plusieurs fois par an, des rendez-vous sont organisés par le bureau de Paris. Ils permettent de rencontrer d’autres sociétaires et de réfléchir avec eux sur la manière de faire évoluer la coopérative. C’est lors de ces discussions que l’idée d’expérimenter un forum pour la communauté des Smartien.ne.s est née. Il est encore à l’état expérimental mais permet déjà de disposer d’une plateforme autogérée permettant aux membres d’échanger sur leurs pratiques, de présenter leur(s) activité(s), de proposer des collaborations, d’organiser des réunions, etc. A Paris, nous avons créé un groupe vidéo qui rassemble des vidéastes, des monteuses, des ingénieurs du son… Nous essayons de nous rencontrer régulièrement, dans l’objectif de construire un réseau de collaborateurs au sein de Smart.

Quelles envies nourrissez-vous pour votre avenir professionnel ?

Aborder de nouveaux supports d’expression comme la scénographie vidéo pour le spectacle vivant, la conception de génériques de films ou le livre interactif ; continuer à traiter de sujets à dimension éthique et sociale ; explorer de nouveaux horizons techniques comme la réalité virtuelle… Le motion design offre une immense palette d’expression. Des projets de collaboration avec d’autres membres Smart sont également en chantier. J’espère que les échanges de ce type se multiplieront à l’avenir, en France et ailleurs : la dimension européenne de Smart nous offre un cadre idéal !