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Mathilde Élie
« Être chez Smart me permet d’être en cohérence avec mon activité et mes valeurs »

Mathilde, membre de la coopérative depuis 2016 est facilitatrice de projets collectifs et formatrice.
La crise sanitaire a généré de nouvelles envies chez Mathilde, notamment des envies de jouer plus collectif. Comme elle le précise dans son interview : « être en coopérative, c’est s’enrichir mutuellement et bénéficier de la force du collectif »


Mathilde Elie – Latitude Créative
Facilitatrice de projets collectifs, formatrice
Nantes
Inscrite chez Smart depuis 2016

 


Interview

Peux-tu nous résumer ton parcours ?

Ma formation initiale me destinait à la gestion de partenariats dans le domaine de la culture.
Ce que j’aimais particulièrement dans ce métier, c’était de mettre en relation des personnes qui avaient des cultures très différentes (des artistes et des entreprises par exemple) et de chercher comment l’association des deux pouvait conduire à un réel enrichissement mutuel. C’est ce qui m’a conduite, de fil en aiguille, à la facilitation. Comme j’aimais dessiner et faire du théâtre, j’ai inclus ces disciplines dans ma pratique.

C'est quoi ton métier ?

Mon métier est la facilitation de projets collectifs.
Cela consiste à accompagner des groupes de personnes, qui veulent vivre une aventure ensemble : monter un lieu (tiers-lieu, habitat partagé), une association ou une entreprise (coopérative ou autre) par exemple.
Je les aide à construire ensemble des bases solides pour leur projet (ou les re-consolider en cours de route).
Je viens créer les conditions pour que chacun puisse s’exprimer et clarifier les enjeux individuels et collectifs.
J’utilise des outils qui leur permettent d’avancer concrètement et de se mettre d’accord.
Je propose des accompagnements dans la durée, des ateliers ponctuels et des formations sur différentes thématiques (intelligence collective, gouvernance partagée, modèles économiques soutenables et collaboratifs, stratégie de communication etc).

Tu proposes donc plusieurs types de prestations, quelle est ta clientèle ?

Ma clientèle est surtout composée de collectifs en cours de création, ou déjà créés mais qui veulent retravailler collectivement certaines thématiques. Je fais aussi des prestations pour des acteurs publics ou des réseaux qui veulent soutenir ou favoriser le développement de synergies sur leur territoire ou dans une filière.

Comment es-tu parvenue à poursuivre ton activité durant la crise du covid ?

J’ai animé mes formations en distanciel.
Ça a très bien marché, même si je préfère largement le présentiel. Entre les confinements, j’ai pu poursuivre mes accompagnements et ateliers, en respectant les gestes barrières. Globalement, je n’ai pas eu de baisse d’activité du fait de la crise sanitaire.
Elle a généré des envies, et notamment des envies de jouer plus collectif.

En quoi Smart t'es utile ?

Quand j’ai découvert les CAE (Coopérative d’activité et d’emploi) pendant mes études, j’ai trouvé ça génial. Je trouve l’auto-entreprenariat difficile parce qu’on est très seul. Être en coopérative, c’est s’enrichir mutuellement et bénéficier de la force du collectif.

Être coopératrice de Smart, ça signifie quoi pour toi ?

C’est très important pour moi d’être dans une coopérative parce que c’est une forme juridique vraiment intéressante, où chacun est copropriétaire de son outil de production. J’ai choisi Smart parce qu’on peut y avoir une activité sans obligation de volume par mois ou par an.

Être chez Smart, c’est aussi pouvoir bénéficier d’un statut salarié, qui permet de cotiser aux différentes caisses sociales. Paradoxalement, ça m’a permis de me faire mieux payer, en expliquant à mes clients que ce que je leur facture c’est mon brut chargé et environné.

Une partie de ton travail est d'accompagner les collectifs, as-tu l'impression de faire partie d'une "collectivité" en étant chez Smart ?

Oui, être chez smart me permet d’être en cohérence avec mon activité et mes valeurs. J’aime le fait de pouvoir rencontrer des personnes en local, avec qui nouer des liens, mais aussi me sentir appartenir à une même entité quand je rencontre des gens qui font partie de la coopérative dans une autre ville ou un autre pays.

J’aimerais bien qu’il y ait plus d’autonomie et de budget pour les bureaux locaux pour qu’on puisse vraiment monter des projets collectifs entre coopérateurs, ce qui renforcerait les liens entre nous, et permettrait d’expérimenter de nouvelles manières de coopérer.

Tu as animé des ateliers pour Smart et pour Bigre, quel est ton retour sur cette expérience ?

C’est toujours passionnant d’animer des ateliers pour Smart et Bigre, parce que beaucoup de participants sont des personnes engagées, qui militent pour une transition sociale et écologique. Ces valeurs et cet état d’esprit partagés génèrent un élan collectif, qui donne le sentiment que construire des alternatives est vraiment possible. Il y a parfois des frictions, mais les conflits sont là pour révéler les points de tension, et en acceptant de s’y confronter avec empathie, tout le monde en ressort grandi.

Quels sont tes projets pour 2021 ?

J’aimerais davantage travailler avec d’autres professionnels pour monter des ateliers, des accompagnements ou des formations qui viendraient conjuguer nos compétences respectives. J’ai plusieurs accompagnements de tiers-lieux en cours, que je suis ravie de poursuivre en 2021. J’ai aussi des ateliers autour des modèles économiques circulaires et collaboratifs de prévus. J’anime Smart in Progress à Nantes, et j’espère qu’on va pouvoir, cette année encore, faire remonter des propositions stimulantes.