Candidature : Francina Espuny

Francina Espuny
Femme
Représente l'entité : Personne physique : salariée de Smart SCIC France
Catégorie SmartFrance : Salarié·es de la coopérative
Paris

Votre métier, votre activité :

Je suis conseillère au bureau de Smart Paris depuis mars 2018 et en charge, depuis septembre 2019, d’une mission d’intérêt collectif à temps partiel, portant sur la mobilité internationale des membres de Smart France. Mon rôle est d’un côté « conseillère administrative » (je suis une « salariée mutualisée » au service des sociétaires bénéficiaires pour leur entreprise partagée) et de l’autre côté « accompagnatrice de projets ». C’est ce deuxième volet, dans une coopérative qui réfléchit aux mutations du monde du travail, qui m’enthousiasme. Connaître les nécessités pour réfléchir à long terme sur l’évolution des projets des membres, mais aussi le projet de Smart en lui-même en tant que projet de société.

Que pouvez-vous apporter au projet Smart ? Quelles sont les compétences et expériences que vous souhaitez apporter au sein du conseil d’administration ?

Un questionnement sur l’engagement. En tant qu’usagère de coopératives de consommation, je crois à la mise en commun autour d’un socle de valeurs partagées. Aujourd’hui je fais partie moi-même de l’équipe mutualisée, au service des membres sociétaires. Ce que je veux apporter, c’est une vision d’implication : pourquoi on se retrouve à travailler à Smart, et pas à fonder en solo sa propre entreprise ? Les aspects de l’engagement m’intéressent, car c’est au travers de ceux-ci que je vois une pérennité du modèle coopératif.

Une connaissance du projet. Je suis activement impliquée dans la boîte et j’ai participé aux deux dernières AG. J’ai construit avec mes collègues une vie coopérative active au sein du bureau de Paris. J’ai travaillé depuis les bureaux de Bruxelles, Madrid et Barcelone où j’ai pu côtoyer diverses réalités de travail, et j’ai pu échanger avec Smart Berlin sur les sujets de mobilité internationale. Je peux donc mesurer la diversité des conceptions du projet de Smart et les synergies potentielles.

Une vision stratégique sur le développement des projets. J’ai précédemment travaillé dans des services culturels, à la Ville de Paris, à l’Institut français de Barcelone ou à l’Ambassade d’Espagne en Belgique. L’enjeu dans toutes ces expériences était d’identifier les opportunités de coopération internationale et locale, que ce soit via les partenariats institutionnels ou l’appui aux projets artistiques, toujours en gardant un principe de service public.

Pourquoi vous présentez-vous au Conseil d’Administration ?

Tout d’abord, par l’envie d’apprendre et d’oser investir un organe de décision. En tout, de vivre pleinement le sociétariat à Smart. Ensuite, le souhait de contribuer à la pluralité du conseil d’administration, en termes de métiers (je fais partie des « équipes mutualisées » au service des membres), d’âge (j’ai 29 ans) et de genre (en tant que femme, je pense qu’une composition paritaire serait souhaitable). De part cette diversité, j’aimerais enrichir les débats et discussions qui peuvent y avoir lieu dans un contexte de renouvellement de la coopérative (nouvelle administration déléguée, révision des statuts, structuration de la vie coopérative, enjeux économiques et sociétaux forts). Enfin, la volonté de mettre au service ma vision de terrain en tant que salariée et mes convictions, afin que le projet collectif avance avec une méthode exigeante. Pour moi, dans une coopérative, les enjeux à venir doivent être confrontés avec une exemplarité du conseil d’administration en tant qu’organe stratégique. Cette exemplarité doit se traduire dans la pluralité de sa composition, dans la pédagogie et l’explication des avis formulés (disponibilités de comptes-rendus, bilans annuels) et une visibilité de son organisation, accessible aux autres sociétaires.

Comment voyez-vous Smart dans le futur ? Quelle est votre vision à terme du projet ?

Dans les années à venir, Smart aura plus de 20 ans d’expérience en tant qu’entreprise partagée depuis sa création en Belgique. Un temps long permettant de tirer des enseignements, en consolidant le positif (défense de valeurs communes, force de la mutualisation, solidarité) et en identifiant les améliorations possibles (engagement, participation, compréhension et défense du projet par l’ensemble des parties prenantes), face à un marché du travail soumis à toujours plus d’aléas. La solidarité entre pairs, aujourd’hui visible à Smart avec la garantie salariale, doit être déclinée dans d’autres volets aussi évidents. En termes de développement, aujourd’hui Smart a 9 antennes en Europe qui fonctionnent différemment tout en partageant des valeurs et principes communs. L’enjeu de la cohérence entre celles-ci me semble un chemin à creuser, tout en gardant l’ancrage local. Pour moi, les réseaux de solidarité doivent se renforcer aujourd’hui plus que jamais, de pair avec une structuration, afin que Smart puisse être visible comme projet politique et alternatif au-delà d’une « solution administrative » dans un contexte légal national spécifique.